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Autour de Yoko Kanno

Nats On 26 - novembre - 2010

Interview de Maaya Sakamoto

Cela fait un petit moment que l’on n’a pas de nouvelles de Maaya Sakamoto, je vous propose donc la traduction d’une vieille interview donnée à l’occasion de la sortie de Everywhere au début de l’année. Enjoy !


Le 31 mars, le jour de son 30ème anniversaire et de son concert au Budoukan, Maaya Sakamoto a sorti son premier Best Of : Everywhere. Ce double CDs est composé de 30 pistes sélectionnées par Maaya elle-même de son entière discographie, de ces 15 ans passés à affiner son style et son identité d’artiste. Avec des musiques composées par divers compositeurs comme Yoko Kanno ou Shouko Suzuki, il va sans dire que toutes les pistes sont de haute qualité. Nous espérons que vous allez prendre le temps de savourer ce magnifique et profond album.


Ce best of reprend 15 ans de votre carrière. Comment avez-vous choisi les chansons et leurs ordres ?

Il n’y a pas vraiment de surprises dans le choix, car on peut sûrement définir ces pistes de « hits ». Je voulais faire un album qui raconte simplement ce qu’ont été ces 15 dernières années pour moi. Les 2 CDs contiennent 15 pistes chacun, et quand j’ai décidé de le sortir pour mes 30 ans, j’ai été étonnamment capable de choisir mes chansons sans trop de délibération. Pour l’ordre, je les ai juste rangé dans l’ordre où je voulais les écouter.


Est-ce que ça a été une occasion de replonger dans ces 15 années depuis vos débuts ?

Oui. Il m’a était parfaitement naturel de repenser à ces 15 ans, plus qu’à mes 10 ans. Depuis mes débuts avec Yoko Kanno comme productrice, mais après 9 ans de carrière ma situation a évoluée, et j’ai commencé à interpréter des chansons d’autres personnes. Alors quand mes 10 ans de carrière sont arrivés, je n’ai pas ressenti le besoin de regarder en arrière. Je devais continuer à regarder vers l’avant.


C’était au moment de la sortie de votre album Loop, n’est-ce pas ?

En effet. Mais l’année dernière, achever l’album Kazemidori m’a fait ressentir comme lors de ces deux périodes : le temps avec Yoko Kanno et le temps après Loop se sont enfin rejoint à mes yeux. J’ai réalisé à ce moment que je pouvais contempler calmement et paisiblement ma carrière et dire « voilà le genre de chansons que j’ai chanté ».


C’est comme si vous aviez enfin établi votre identité d’artiste.

J’en ai pris conscience lors de l’élaboration de mon second album Dive (1998). J’ai commencé à recevoir des CDs à mon nom et des lettres de gens que je ne connaissais pas, et alors que je trouvais que c’était excitant et charmant, ça a pris des proportions que je n’ai pas pu gérer seule. Moi-même je ne savais pas vraiment quelle genre de personne j’étais, mais les gens qui écoutaient ma musique avaient une représentation de moi. C’était assez terrifiant. Avec Dive, j’ai décidé d’écrire mes propres paroles, et au final, une partie de mes musiques. J’espérais donner au gens un petit aperçu de mon vrai moi, et j’ai commencé avec emphase à dire des choses avec mes propres mots dans ma musique.


Alors, en écrivant vos paroles, vous êtes parvenu à vous exprimer plus sincèrement ?

Après 20 ans, j’ai réalisé que je n’étais pas capable d’écrire petit à petit et de m’enchainer à chaque mot. Traduire mes pensées en mots ne me donnaient pas la garantie qu’ils viennent comme je l’entendais. Alors j’ai essayé d’écrire les choses en exagérant une facette de ma personnalité, je voulais juste dire quelque chose en une phrase, et les mots me venaient. J’ai le sentiment que mes mots sont devenus plus simples. C’est peut-être parce que j’ai arrêté de me sentir embarrassée quand je m’exprimais dans une manière très rigide.


« Everywhere », une chanson inédite inclue à la fin du best of, est peut-être la réponse à ce jour de la phrase « ma place de retour est juste devant moi ».

A la base, je n’avais pas écris Everywhere pour l’intégrer au best of. L’idée m’était venue l’année dernière, lors d’un voyage en solitaire de 5 semaines. J’étais descendu dans un hôtel qui avais un piano, et alors que je jouais quelques notes, la mélodie et les paroles me sont venues.


Quel était le sens de « ma place de retour » dans votre esprit à ce moment-là ?

J’avais décroché mes pensées, car je me ressassais que « ici, ce n’était pas où j’étais censée être ». Comme si je n’étais pas satisfaite de ma situation, ou que je sentais que je devais en faire plus. Mais en faisant ce voyage -où je ressentais enfin l’accomplissement de la longue production de Kazemidori-, pour la première fois mes pensées sont allées à ma gratitude pour des choses de j’avais déjà. Quand je me focalisais sur une chose lointaine, j’essayais de me centrer et de penser « je dois persévérer ». Au lieu de ça, je me sentais en harmonie avec moi-même et j’étais reconnaissante de ma vie.


Il apparait que les choses soient devenues plus faciles, et que leur sens se soient unifiés.

Je me demande si elles le sont vraiment. J’ai profondément ancré dans ma personnalité ce vieux trait de caractère de me réjouir quand je suis sous pression, et je préfère toujours avoir un but pour aller de l’avant. Mais je crois qu’il y a beaucoup de choses que je ne connaitrais pas, à moins de m’y accrocher longtemps. Je deviens de plus en plus éprise de mon travail, et si je continues ainsi, je suis impatiente de voir ce qu’il y a devant moi.

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