Vidéo de la semaine : Oban Star-Racers
La chaîne Nolife diffuse depuis quelques temps un documentaire en 2 parties sur l’anime Oban Star-Racers, une production Franco-japonaise que vous connaissez sûrement ! Et si vous êtes vraiment fan de Yoko Kanno, vous savez qu’elle a composé l’opening et l’ending de cet anime (opening « A Chance to Shine » chanté par AKINO, ending « Waratteta » soit disant chanté par Mou Sukoshi mais nous savons tous qu’il s’agit de YK elle-même… lol)
Eh bien dans ce documentaire, nous avons droit à une interview de Yoko Kanno !! Une exclu française !! Alors comme je respecte vraiment le travail de Nolife, je ne prendrai pas la vidéo pour la mettre ici. En effet, en marge de sa diffusion sur la chaîne (qui est gratuite, je le rappelle), elle est disponible sur leur site, uniquement pour les abonnés. Et je suis abonnée, eh oui ! Donc j’ai accès à cette vidéo autant que je veux ! (j’essaie de vous faire envie, là… lol) Mais vous pouvez vous aussi vous abonner à leur site ! La chaîne est gratuite mais l’accès aux émissions sur leur site (accès 24/24, 7/7) est donc payant. C’est un peu le système de M6Replay en version payante MAIS illimitée car oui, toutes les émissions depuis le début de la chaîne (donc 3 ans d’émissions jusque-là) sont accessibles à partir de 3 euros par mois !!
Mais revenons-en à ce documentaire. Puisque je ne poserai pas la vidéo, je vous propose une retranscription de ce qu’il s’y dit ! Nous suivrons donc Savin Yeatman-Eifflel, créateur de la série, Taku Iwasaki, compositeur des ost, et Yoko Kanno, qui a donc composé opening et ending.
Tout d’abord, petite explication par Yeatman-Eiffel de ce qui allait se faire pour les musiques de l’anime :
Savin Yeatman-Eiffel : On a la chance de travailler avec Mr Ota, qui est le producteur notamment de Yoko Kanno, qui a travaillé sur toutes les bandes son d’Escaflowne, Cowboy Bebop, etc.
Membre de l’équipe française : Qui lui, nous a présenté un panel de compositeurs, 4 ou 5, nous a fait écouter leurs morceaux, et sur ces 4 compositeurs, nous avons choisi Mr Iwasaki.
En même pas un mois il a pu composer une trentaine de morceaux et enchaîner les enregistrements, ça a été très rapide. Alors c’est juste une première partie des musiques de la série, environ 25 morceaux. En tout il y aura entre 75 et 100 morceaux.
[On passe à Taku Iwasaki qui dirige l'orchestre. Puis c'est à lui d'être interviewé.]
Taku Iwasaki : Au départ, quand on m’a donné le dossier, j’ai découvert des personnages aux visages très stylisés. Je me demandais si ce dessin animé s’adressait aux enfants. Est-ce que je devais faire une musique très enfantine ou pas ?
J’avoue qu’au début, j’étais un peu perdu et que je ne savais pas vraiment quoi faire.

S Y-E : Le choix qu’on a fait sur les musiques c’est d’avoir quelque chose d’assez épique, en fait, contrairement un petit peu à ce qu’on avait fait sur le pilote. On est pas allés dans une direction techno pour que la série ne vieillisse pas trop rapidement, pas juste trop sur les effets de mode et vraiment avoir des choses assez épiques, des personnages, de vrais sentiments, des sentiments de danger, des choses qui soient crédibles.
On a un orchestre de 40 musiciens qui enregistre ça, plus des sections de cuivres pour les morceaux un peu jazz, plus des guitaristes pour les morceaux un peu plus rock. Donc orchestration épique mais avec une petite touche un petit peu moderne, un petit peu différente, un petit peu mélangée parfois de sons techno.
C’était vraiment impressionnant de voir toutes les séances d’enregistrement, des musiciens super, super bons, un des guitaristes qui a joué sur certains morceaux était le guitariste qui a travaillé sur Cowboy Bebop (note de Len : il ne le précise pas mais il s’agit de Tsuneo Imahori qu’ils montrent brièvement à l’image en train de gratter les cordes de sa guitare en studio ^^).
C’est le concert, c’est la création. C’était top, quoi (^_^) (Note de Len : je traduis son sourire méga satisfait, et comme je le comprends ! lol)
[On change d'endroit pour passer dans un studio. Iwasaki parle avec quelqu'un qu'on ne voit pas mais dont on reconnaît la voix...]
TI : Parfois, quand je compose, ça m’arrive de trouver un morceau vraiment excellent. Il m’arrive même de pleurer pendant que je compose de la musique. Ce n’est pas systématique, évidemment. Mais dans ces moments-là, je me sens tout en haut de la vague. Tu vois ce que je veux dire ?
[Zoom arrière pour nous laisser voir qu'il parle avec Yoko Kanno !]
Yoko Kanno : Tu te fais pleurer tout seul en composant, alors ?
TI : Eh oui, ça m’arrive ! (rires des deux)
YK : Sur Oban aussi ? (rires des deux)
TI : Alors maintenant c’est toi qui fait l’interview ? (encore rire des deux)
YK : Allez, dis-moi.
TI : Oui, c’est arrivé.
YK : A quel moment ?
TI (apparemment gêné) : Eh bien… C’est un morceau qu’on entend à la fin de la série. Déjà, c’est une scène qui est faite pour être pleine d’émotion. J’ai essayé d’être dans le ton, en fait. Et j’ai réalisé que je commençais à pleurer dès que je me mettais au travail.
YK : Alors, ça t’a touché ?
TI : On peut dire ça, oui.

[On repasse dans un autre endroit, avec Savin Yeatman-Eiffel]
SY-E : J’avais le rêve bien sûr de bosser avec Yoko Kanno que j’aime, j’adore, j’adore tout ce qu’elle fait, la plus grande compositrice japonaise pour tout ce qui est musique de films et de dessins animés. J’en ai parlé avec Mr Ota, qui est son producteur, et tout de suite, la réponse a été très claire : « n’y pensez pas, elle est très chère, elle est très occupée, et puis moi, je suis trop vieux, je prends ma retraite bientôt, je suis très fatigué maintenant, elle me fatigue trop, elle est très créative mais je suis trop âgé pour ça, pour la gérer. »
Je suis revenu à l’attaque plusieurs fois, au bout des 2 ans et demi de production au Japon, auprès de Mr Ota, « Mr Ota, comment allez-vous ? Ah, très bien la musique de Mr Iwasaki, on est vraiment très heureux mais… il reste les génériques, peut-être que Yoko Kanno a peut-être un petit trou dans son emploi du temps ». Et donc là, non, pareil « Ecoutez, je vous ai déjà dit, elle est très occupée et moi je suis trop vieux pour ça ».
Finalement, il a débarqué un matin au studio avec 4 morceaux. Il m’a dit « Ecoutez, j’ai réfléchi à votre problème, je sais qu’il ne reste plus que quelques semaines pour faire les génériques. J’ai 4 morceaux, là, c’est une jeune artiste qui travaille pour moi, qui débute, je sais pas encore trop ce que je vais faire avec elle. Elle a fait 4 morceaux, c’est 4 démos très simples, qu’est-ce que vous en dites ? Peut-être que si ça vous intéresse, on peut peut-être faire quelque chose. » J’écoute les morceaux, un morceau speed, sympa, vraiment cool pour un générique, et un des morceaux, super émouvant, super doux, vraiment très très beau, et celui-là, je suis tombé amoureux de ce morceau direct. Et je lui dis « Voilà, c’est super, voilà, c’est bon ! Ca c’est le générique de début, ça c’est le générique de fin, c’est super, merci Mr Ota. » Et là, Mr Ota me regarde et « Ahh (mime de grimace), aah, je suis trop vieux pour ça ! » Et donc évidemment, c’était Yoko Kanno en fait qui avait fait ces 4 démos. Ce que j’ai appris plus tard en fait, c’était pas 4 petites démos qui trainaient dans un dossier d’ordinateur, c’est vraiment 4 démos qu’il avait quand même demandé précisément pour la série, il avait regardé tous les éléments et donc c’est vraiment les chansons qu’on utilise dans le générique actuel, qui ont été retravaillées bien sûr, mais c’est vraiment des morceaux qui étaient déjà prévus, écrits, pour la série.
[Passage dans les studios pour les enregistrements des génériques, en novembre 2005, chez Victor Studio. En régie, Yoko Kanno est devant un synthé avec des feuilles de partitions sur lesquelles elle note des choses. On voit qu'ils enregistrent AKINO. On revient sur YK, devant son synthé, qui rigole ^^]
YK : Ma démarche n’était pas de chercher en moi ce qui ressemble à Molly. Je suis devenue Molly, tout simplement. Voilà d’où vient 70% de mon inspiration sur ce générique. Et les 20 ou 30% qui restent ce sont les indications que m’a données Eiffel-san.
Il va de soi que le réalisateur a le poste le plus élevé sur ce projet. Mais parfois, sans faire exprès, je le poussais à se mettre en avant. « Tu peux y aller, ne t’inquiète pas ! » (rires)

[Passage ou Sevan Yeatman-Eiffel est dans un studio, près d'un micro. Yoko Kanno est debout devant un clavier tout proche, elle tape quelques notes. SY-E répète une phrase (en français) de la chanson, sûrement pour voir ce que ça donnerait en français.
Yoko Kanno le laisse, elle part en trottinant et en lançant un "Let's go!". Ils lancent la bande son, SY-E chante sa phrase en français puis coupent. Yoko Kanno lance alors un "Mm, not bad." lol Puis retour à l'interview.]
YK : Molly est un personnage à deux facettes. Elle a un côté dynamique et très sympathique. Mais elle a aussi une grande tristesse au fond d’elle-même. J’ai pensé que ce serait intéressant d’illustrer une des facettes avec le générique de début et l’autre avec le générique de fin.
Le générique de fin a donc des accents assez mélancoliques. Il y a comme un sentiment d’un bonheur à portée de main, mais qui reste inaccessible.

[On finit avec un retour en studio, YK devant un synthé à tester le lancement d'un rythme.]
Un grand merci à Nolife pour ce documentaire, et surtout cette petite interview… ^^
MON DIEU… Yoko Kanno + Taku Iwasaki… je suis aux anges *__* *__* !
Un énorme MERCI à Nolife \o/ ! bon là je suis en rade sec sec, mais dès que je le peux je prend un abonnement au site pour les soutenir sans hésiter!
Merci pour eux ^^ En tout cas, avec ou sans abonnement à leur site, y’a bien que sur cette chaîne qu’on peut voir du Yoko Kanno en France !! La première fois qu’on l’a vue sur Nolife, c’était lors de la diffusion d’un concert de TM Revolution, dans lequel elle avait fait une apparition pour accompagner Takanori Nishikawa au piano (il est fan d’elle, et comme on le comprend
). Cette émission est donc la deuxième apparition de YK à la TV française et j’espère que ça ne sera pas la dernière !
Bon, je vais prendre l’abonnement… Une interview exclusive grâce à NoLife, ça n’a pas de prix! (et puis 3euros…)
Arf ! Yykroon, sauvé de la boite à spams.
Belle trouvaille Lenamei ! Sympa cette petite interview. Au moins ça change.
Dommage que je n’ai pas NoLife en Belgique…
Je viens de prendre l’abonnement et de regarder l’interview, c’est extrêmement intéressant! On voit de nombreuses séquences en studio, je conseille vraiment à tout le monde d’aller le voir sans plus attendre!
Ce qui m’a beaucoup plu de voir c’est la complicité entre Yoko Kanno et Taku Iwasaki ^^ Et puis ce doc est en 2 parties, je pense aussi que c’est très intéressant de voir comment un projet français (COCORICOOOO ! XD) est arrivé à faire son chemin au Japon et à gagner de la musique de Yoko Kanno et Taku Iwasaki… ^^
Très intéressante cette interview, merci bien Len de l’avoir retransmit !
C’est clair qu’ils ont l’air de s’éclater en studio !
*ah moi aussi j’aimerais bien l’interviewé notre Kanno*
Ouais, moi aussi j’aimerais bien… Surtout qu’en étant fan, on aurait plein de questions pas vraiment habituelles à poser